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Logement, utilisation de l’espace, déplacements : l’approbation du nouveau Plan Local d’Urbanisme marque une rupture dans l’évolution urbaine de Lunel-Viel.

 

  • Le constat : les surfaces urbanisées de Lunel-Viel ont doublé en 40 ans

C’est une observation que l’on peut faire dans de nombreux villages du sud de la France : on a plus construit durant les quarante dernières années que de l’époque romaine à 1960. Lunel-Viel n’échappe pas à la règle. Pourquoi ?

La région Languedoc-Roussillon bénéficie d’un cadre de vie et d’un climat agréables : l’ensoleillement, la proximité de la mer, les paysages et le patrimoine attirent de nombreux migrants du Nord de la France.

Lunel-Viel s’inscrit dans le dynamisme des régions littorales, qui concentrent de plus en plus populations et activités économiques. Le village est également à faible distance de deux métropoles, Nîmes, et la capitale régionale, Montpellier. Or, la population tend à se concentrer de plus en plus à proximité des grandes villes. Peut-être assiste-t-on aujourd’hui à la création d’une gigantesque région urbaine, d’une conurbation qui s’étendra de Sète à Nîmes…

Ces deux phénomènes, que les géographes nomment « métropolisation » et « littoralisation » expliquent que le département de l’Hérault soit le plus dynamique de la région. Et, dans l’Hérault, le territoire en plus forte croissance est celui du pays de Lunel.

Une physionomie urbaine incompatible avec le développement durable.

Depuis quarante ans, l’urbanisation de Lunel-Viel prend un seul visage : la construction de maisons de lotissements. Elle correspond à deux enjeux :

– le prix du foncier trop élevé pour les classes moyennes à proximité de Montpellier

– la volonté de « vivre au vert » tout en étant à proximité d’une grande ville.

Ainsi, la densité de l’habitat décline : une maison de village du centre-ville occupe 60 à 200 m2 au sol. Une villa de lotissement utilise entre 300 et 1000 m2 de terrain… pour en moyenne, 2,5 habitants.

 

  • Cet étalement urbain est incompatible avec le développement durable.

1. Le grignotage des terres agricoles

L’extension se fait principalement au sud du village, au détriment des vignes et des cultures de fruits et légumes. À l’heure où la population mondiale continue de croître, où les techniques productivistes de l’agriculture (engrais, pesticides…) montrent leurs limites, l’extension des surfaces urbanisées sur les zones anciennement agricoles est un choix qui peut être lourd de conséquences.

2. Artificialisation des sols et inondations

L’extension des zones urbanisées se traduit par une imperméabilisation des sols (constructions, infrastructures de transport) : les phénomènes d’inondation ont toujours existé. Mais le ruissellement des eaux se traduit par une aggravation de ces phénomènes. Ainsi, deux quartiers de Lunel-Viel (la Bugadière et les Trois Ponts) ont été construits en zone inondable dans les années 80.

3. L’automobile, moyen de déplacement privilégié

La faible densité de l’habitat a pour conséquence l’allongement des distances à parcourir pour accéder aux commerces et services : en habitant au fond d’un lotissement, on est tenté de prendre sa voiture pour aller acheter son pain ou emmener ses enfants à l’école. De plus, l’étalement urbain rend difficile l’emploi de transports en commun, impossibles à rentabiliser avec une trop faible densité d’habitants. Ce modèle d’urbanisation se traduit donc par un recours systématique à l’automobile dans les déplacements, inadapté aux rues étroites du centre-ville.

De plus, les quartiers réalisés depuis 1960 n’ont pas été conçus pour la circulation des piétons : trottoirs inexistants, discontinus, trop étroits, ou encombrés par le stationnement…

4. Un modèle urbain qui ne favorise pas le « vivre-ensemble »

La volonté d’avoir un « chez soi » avec un bout de terrain se heurte à une sensation de dépersonnalisation de l’environnement : pas de commerces, une architecture monotone, un certain anonymat à l’abri de murs de clôture toujours plus hauts, une faible intégration dans les activités du village… À l’extrême, ce type d’urbanisation peut créer une fracture entre les habitants attachés aux traditions, à la ruralité, et les « néo-ruraux » au mode de vie plus urbain.

5. Un modèle urbain qui favorise une flambée des prix de l’immobilier

L’étalement urbain est difficilement justifiable dans le contexte actuel : la rareté des terrains disponibles, la forte pression démographique rendent le logement difficilement accessible pour une catégorie de plus en plus importante de la population. L’espace devient une ressource rare. Le prix du foncier rejette les populations les moins aisées de plus en plus loin des grandes métropoles. Ainsi des poches de pauvreté se constituent dans les hauts cantons de l’Hérault (Bédarieux, Lodève)… mais également dans le Lunellois.

 

  • Économiser l’espace, recentrer la ville sur elle-même

À contre-courant du premier projet de P.L.U, qui prévoyait une extension urbaine supplémentaire de 700 logements sur 17 hectares,  la municipalité élue en 2008 choisit de maîtriser la croissance démographique du village.

1. L’extension urbaine sur les terres agricoles est limitée.

Au lieu de 17 hectares, la municipalité n’étend les surfaces constructibles que de 2,7 hectares, avec deux nouveaux quartiers, les Horts et l’Orangerie.

Les Horts sont la continuation d’un lotissement à moitié réalisé impasse du Caniès. Le domaine de l’Orangerie s’étend sur les anciens terrains Manse, à proximité immédiate du centre-ville et des équipements publics (école, halle de sports).

Les autres quartiers prévus concernent des friches (la cave coopérative) ou des zones déjà constructibles. Les formes d’urbanisation choisies sont plus économes en espace, avec des densités plus importantes.

Il est à noter que les stades de foot étaient constructibles avant le P.L.U de 2012. Il n’y a pas de projet de construction sur ces terrains, propriété communale.

2. Une meilleure prise en compte des risques d’inondation.

La municipalité fait réaliser une étude ruissellement pluvial en 2008. C’est en effet l’absence de ce schéma directeur qui avait conduit la préfecture à retoquer le P.L.U élaboré par l’équipe précédente. Un zonage pluvial est adopté, en fonction des risques d’inondation  et prévoit des mesures compensatoires (hauteurs de seuil, dispositifs d’infiltration à la parcelle…)

Dans le même temps, les services de l’Etat élaborent un Plan de Prévention des Risques d’Inondation (P.P.R.I). Les zones inondables sont désormais clairement identifiées, et celles qui ne sont pas construites deviennent inconstructibles (zone rouge).

3. Une amélioration du maillage entre les quartiers.

Pour lutter contre la circulation automobile, la municipalité développe depuis 2008 liaisons piétonnes et cyclables (voir le dossier thématique sur ce sujet). Au-delà du problème de circulation, il s’agit de faire circuler les flux pour gommer les disparités entre anciens et nouveaux quartiers de Lunel-Viel.

4. Des logements pour tous.

Les nouveaux quartiers intègrent différents types de logements : logements libres, accession à la propriété, logements sociaux. Pour éviter des phénomènes de ségrégation, tous les nouveaux quartiers comprennent au minimum 20 % de logements sociaux. or, rappelons-le, aujourd’hui, en raison de la flambée de l’immobilier et de la stagnation des revenus, 80 % de la population de l’Hérault peut prétendre à un logement social…

La commune fait donc le choix d’une ville à taille humaine, où les habitants peuvent se loger de façon décente, sans gaspiller un espace précieux pour les générations futures.

 

En savoir plus :

– Le Plan Local d’Urbanisme de Lunel-Viel

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