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La commune a demandé la mise à jour de l’étude commandée en 2013 au registre des tumeurs et cancers de l’Hérault. Voici les principaux enseignements de cette étude, consultable sur le site de la commune.

 

La question posée par la municipalité était simple : existe-t-il une augmentation du nombre de cancers à Lunel-Viel et dans ses environs qui pourrait être liée à l’incinérateur ?

 

La méthode : l’étude a délimité trois secteurs, moins de 5 km, entre 5 et 10 km, entre 10 et 15 km autour de l’incinérateur. Elle tient compte de la direction des vents dominants en analysant les données des communes situées dans la rose des vents, donc qu’on soupçonne d’être plus concernées par les rejets de l’incinérateur : Lansargues, Candillargues, Saint-Just, Lunel- Viel, Saint Nazaire de Pézan, Mauguio, Mudaison et La Grande Motte. Elle étudie les cancers pour lesquels un lien avec l’exposition aux polluants émis par les incinérateurs d’ordures ménagères a été établi ou suspecté sur une période de 27 ans, de 1987 à 2013, avant et après la construction de l’incinérateur (1999).

Pas plus de cancers à Lunel-Viel que dans le reste du département : en 27 ans, 297 cas de cancers ont été diagnostiqués chez les habitants de Lunel-Viel, avec une progression de 2,9% par an. Mais ce chiffre n’est pas supérieur à la moyenne du département. Les cancers sont plus fréquents, à Lunel-Viel, comme ailleurs. On observe même une sous-incidence des cancers dans un rayon de 5 km autour de l’incinérateur.

 

Des cancers plus fréquents qu’ailleurs dans la bande 5 à 10 km pour les communes situées dans la rose des vents… sans lien avec l’incinérateur : l’étude observe une sur-incidence des cancers du sein et des poumons chez la femme après la mise en place de l’incinérateur. Pour autant, cette progression de ce type de cancer se constate également dans l’ensemble du département : « les rapports de taux constatés avant/après mise en place de l’incinérateur sur la zone « exposée » ne différent pas de ceux constatés sur les zones non exposées, ce qui est en faveur d’une croissance générale des cancers dans le département. »

 

Des résultats rassurants : si on peut déplorer la progression généralisée de certains cancers, il est heureux pour les Lunelviellois de voir que cette étude ne les impute pas à la présence de l’incinérateur.

 

Il faudrait des études plus poussées pour rechercher un lien de cause à effet entre l’environnement et les cancers : « ces résultats sont à considérer avec précaution car aucun lien de causalité ne peut être établi par cette étude descriptive. Toutefois, ces observations épidémiologiques incitent à promouvoir d’autres types d’études qui permettraient d’établir un éventuel lien de causalité. » Ce lien est complexe à établir : même l’étude à grande échelle de l’Institut National de Veille Sanitaire portant sur environ 135 000 cas de cancers observés entre 1990-1999 dans quatre départements, qui « a mis en évidence des relations significatives entre l’exposition aux émissions atmosphériques des incinérateurs et l’incidence de plusieurs cancers » ne permet pas non plus d’établir un lien de causalité entre les deux.

 

Et les autres maladies ? D’autres travaux récents, comme ceux du Pr Sultan suspectent le rôle des émissions des incinérateurs comme facteur de risque pour les malformations des nouveaux-nés de sexe masculin.

En conclusion, cette étude ne permet pas de trancher définitivement le débat. De portée modeste, elle gagnerait à être complétée par des études étendant le champ des recherches au-delà des seuls cancers, et approfondissant le lien entre pollution atmosphérique et pathologies constatées.

 
Consultez l’étude descriptive des cancers dans la zone géographique centrée autour de l’usine d’incinération d’ordures ménagères de la commune de Lunel-Viel.
Mise à jour des résultats par l’étude de l’incidence des cancers de 1987 à 2013.
 
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